Rapports sur la santé mentale au travail, baromètres, grandes déclarations, semaines dédiées… Sur le papier, tout le monde est concerné. Dans la réalité ? Pas sûr que tout le monde se sente autorisé à dire quand ça ne va pas !
Parce que sur le terrain, ce que je vois encore trop souvent, ce sont des sourires bien placés. Des “ça va” automatiques, des personnes très compétentes qui sentent que montrer une fatigue, une fragilité, ou un besoin d’ajustement pourrait les disqualifier voire leur faire perdre leur travail (malheur, ne parlons pas de RQTH!)
On a juste créé une nouvelle norme, plus discrète mais tout aussi pesante : la performance émotionnelle.
Être positif. Être table. Être engagé. Être aligné. Everytime. Todo el tiempo.
Même quand le contexte est flou, tendu, incertain. Même quand le cadre ne soutient plus vraiment (quid : a-t-il déjà soutenu ?).
J’ai accompagné des équipes où l’on parlait beaucoup de bien-être… mais où dire “je ne vais pas bien” restait clairement compliqué.
Alors on s’adapte. On encaisse. On compense. Classique ? Et, sans surprise, l’épuisement arrive (burnout pour les intimes)
Certaines entreprises font pourtant un pas de côté très simple — et très puissant. Elles arrêtent de demander comment ça va ?
Et commencent par dire : “Tu as le droit de ne pas aller bien.”
J’vous promet qu’elles existent !
Concrètement, ça passe par quoi ?
✨ Des managers formés à accueillir une parole inconfortable, sans chercher à la corriger (notamment grâce à la CNV, Communication Non Violente).
✨ Des espaces d’échange où l’on peut parler charge, limites et besoins, pas seulement objectifs (et ça veut pas dire cellule psychologique hein).
✨ Des ajustements possibles sans devoir se justifier pendant des semaines.
✨ Et pour les personnes concernées par le handicap (visible ou invisible), un message clair : demander un aménagement n’est ni un aveu de faiblesse, ni un manque d’engagement ♿
Être professionnel et professionnelle, ce n’est pas être émotionnellement irréprochable : c’est pouvoir contribuer sans porter un masque permanent !
✨ Peut-être que le vrai progrès en matière de santé mentale au travail, ce n’est pas d’aller bien tout le temps… mais de pouvoir dire quand ce n’est pas le cas.
Sans peur. Sans sanction. Sans étiquette.
Ça, mine de rien, c’est déjà une petite révolution !
Et vous, que pensez-vous de cette dite « performance émotionnelle » ?